Entretien avec Yann Leroux

Sur le site du DSF

"Avec les jeux vidéos, on apprend en faisant"

Yann Leroux "croqué" lors de l'atelier du DSF à Casablanca, le 10 juin 2015

Yann Leroux  est, comme il l'indique sur son site , psy, geek et explorateur des mondes numériques. 
Tombé dans les jeux vidéos quand il était petit, tel Obelix, il n'a cessé de pousser la porte des mondes numériques qui pouvaient s'offrir à lui. 

"Dès qu'il y a écrit "inscrivez-vous" pour tester un service, je le fais ! 
La forêt du Congo pour moi c'est ça : les mondes numériques."
 

Puis il a abordé le sujet dans un cadre professionnel et s'est rendu compte qu'en prenant le temps d'observer les enfants dans leurs pratiques vidéo-ludiques, on décelait beaucoup d'éléments de compréhension sur leurs modes de fonctionnement. 

Nous l'avons invité à être grand témoin d'ateliers du DSF sur les nouvelles formes d'apprentissage (à Bordeaux et à Casablanca). Dans cet entretien au téléphone, nous revenons sur ces moments d'échange et sur le rôle du jeu vidéo comme outil d'apprentissage. 

 

> Quelques verbatim issus de notre entretien 

"Quand on parle des mondes numériques, on parle de mondes glauques, à la big brother, avec une surveillance totale. Ca existe, mais ce n'est pas le fait des Digiborigènes qui eux sont plutôt ouverts, c'est plutôt le fait des puissants et des états qui ont toujours tendance à se transformer en appareil de surveillance à chaque fois qu'ils s'approchent d'un dispositif numérique." 

"Depuis la préhistoire on apprend de la même façon. Les jeux vidéos ne permettent pas d'apprendre de façon nouvelle. Ce qui est caractéristique avec les jeux vidéo c'est qu'on apprend en faisant des choses. Alors que le modèle que l'on utilise de ce côté-ci de la planète c'est qu'on commence à apprendre et ensuite on fait des choses." 

"Dans un jeu vidéo, les apprentissages sont guidés de façon continue. Vous êtes renseignés à chaque instant sur votre progression. C'est un très grand facilitateur. D'ailleurs, on ne compte pas ses efforts. L'apprenant est intrinsèquement amené à aller vers le jeu vidéo, et à passer beaucoup de temps à faire quelque chose de difficile pour enfin le maîtriser. Car pour apprendre, il ne suffit pas de connaître le fonctionnement, il faut pratiquer." 

"Un enfant, aussi agité soit-il, quand on le place devant un jeu vidéo, on observe un effet calmant presque immédiat. Car pour être efficace avec un jeu vidéo, il faut avoir un niveau de concentration suffisamment élevé et faire abstraction de tout le reste. Un jeu vidéo, c'est de la nouveauté à chaque seconde. Pour capter l'attention c'est formidable. Mais on ne sait pas si on peut transvaser dans d'autres domaines. Quelqu'un qui peut se concentrer sur WOW n'est pas forcément plus attentif sur son devoir de latin. Ce n'est pas sûr. Les devoirs de latin ne sont pas très mobiles ! Dès qu'il s'agit d'images par contre, le transfert est possible."
 

> en savoir plus > “Il n’y a pas d’addiction aux jeux vidéo” : entretien avec Hubert Guillaud en mars 2009 - InternetActu  

> Notre dossier sur les nouvelles formes d'apprentissage  

> Retour sur l'atelier de Casablanca en images et en tweets : 
 


 

 


Nicolas Oppenot

dsf videogame