Revue du Net #12

> sur le site du DIGITAL SOCIETY FORUM
 

5 faits marquants repérés cette semaine du 6 juillet
 

S’exposer plus pour payer moins d’assurance

Avec la compagnie d’assurance américaine Progressive, les adhérents peuvent obtenir une remise de 30% sur leur tarif d’assurance automobile s’ils acceptent de livrer davantage de données sur leur conduite. En Afrique du Sud, la société Discovery pondère sa mutuelle santé en fonction des données personnelles de ses clients relatives à leurs déplacements et leurs habitudes alimentaires. En effet, les compagnies d’assurance peuvent traduire la plupart des actions de leurs clients en données. Et cela, en s’appuyant simplement sur une tendance propre à l’ère des objets connectés, consistant à mesurer volontairement sa propre performance.Camille Gicquel et Pierre Guyot décrivent ce phénomène dans leur ouvrage “Quantified Self : les apprentis sorciers du moi-connecté”. Toutefois, l’analyse des comportements des internautes sur les réseaux sociaux et les plateformes e-commerce suffit à dresser un profil d’assuré avec grande précision. Un constat qui place les GAFA (grands collectionneurs de données) en bonne position pour concurrencer les compagnies d’assurance. D’ailleurs, 50% des consommateurs britanniques (selon Gartner) sont prêts à faire appel à un GAFA pour contracter une assurance.


De la confusion entre le clic et l’attention

On vous a menti ! Saviez-vous que les "top 10" du web captent du clic mais ne captent pas l'attention de vos lecteurs ? Que les articles les plus partagés ne sont pas les plus lus ? En fait c'est même plutôt l'inverse. Plus on passe du temps à lire un article et moins on va le partager !
Cliquer n'est pas forcément s'intéresser et pourtant le web entier est structuré autour du clic roi.
Cet article de Tony Haile revient sur les mythes autour du clic et comment les déconstruire pour changer sa façon d'appréhender son contenu. Excellent préambule à notre dossier sur l’Attention et l’Abondance Informationelle à paraître prochainement.


La société face à la métamorphose numérique


Daniel Kaplan, membre coordinateur du Conseil National du Numérique propose, dans cette vidéo, une lecture des recommandations issues de la récente concertationau prisme de 4 grands principes : 
1 - Le numérique au service du pouvoir d’agir et de l’activation des droits et libertés des individus : “Est-ce que le numérique peut favoriser la prise de pouvoir de chacun sur sa vie ? Eviter le détricotage d’un certain nombre de droits sociaux ou de la consommation qui sont parfois à l’oeuvre dans des formes de l’économie collaborative ?”
2 - Refaire société par les communs : vers une promotion des pratiques collaboratives et de la réciprocité par les politiques publiques.
3 - S’appuyer sur le numérique pour lutter contre les inégalités au travers de l’accès aux services essentiels, y compris l’accessibilité pour les handicapés, les médiations de proximité et l’éducation au sens large.
4 - Interroger le fonctionnement même des services publics essentiels et les coproduire avec les personnes concernées : entre optimisation, réforme et rupture.


Recruté par un algorithme

Une étude de la Harvard Business Review d’avril 2014 estime que le recrutement de candidats à l’embauche a plus de chance d’être efficace s’il est effectué par une machine. Nous serions bons dans l’identification des atouts pour chacun des profils, mais très mauvais dans la pondération de ces données. Aujourd’hui, grâce aux big datas, les techniques d’analyse permettent de tendre vers un recrutement prédictif par la traduction des données déjà disponibles sur les réseaux sociaux. Une méthode qui derrière son aspect de surveillance organisée cache aussi une ouverture vers moins de discrimination du fait de l’usage de nouveaux critères de compétence.


Le numérique va t-il faire évoluer la race humaine ?

Frédéric Charles analyse, dans cet article, les conséquences induites par le numérique sur notre espèce. Partant des considérations de Michel Serres dans “Petite Poucette” et son pouce “augmenté”, il aborde le pouvoir des algorithmes sur nos prises de décision, l’intrusion dans nos vies privées et la surabondance d’information qui trouble notre capacité d’attention. L’impact sur le fonctionnement de notre cerveau (cf les travaux de Nicholas Carr) et nos méthodes d’apprentissage est tel qu’il nous invite à redéfinir nos modes vies en prenant en compte l’extension électronique de nos sens.


Nicolas Oppenot et Sylvain Vaucher

 

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