Revue du Net #14

> sur le site du DIGITAL SOCIETY FORUM

 

Photo : Jean-Pierre Dalbéra

5 faits marquants repérés cette semaine du 24 août
 

les « nouveaux » usages sont-ils si nouveaux ?

Nous parlons de disruption et d'ubérisation comme autant de nouveaux phénomènes que nous n'aurions pas vu venir. Laurence Allard, Maître de conférences en Sciences de la Communication propose une autre lecture dans cet article et redonne sa temporalité à l'évolution des usages en articulant sa démonstration autour de trois processus : réinventions, transferts et créolisations.
"Le numérique n’est pas qu’affaire d'usages et de technologies. (...) L’innovation circule en société par « traductions » successives avec transformations réciproques de l’une et de l’autre."


Les parents n'ont plus à s'inquiéter du temps que leurs enfants passent devant les écrans

Contestant une étude parue dans "Preventive Medicine" en avril dernier, Jordan Shapiro estime, dans cet article, que les parents se doivent d'être exemplaires avant tout. Dans leurs rapports aux autres, comme dans leur usage des nouvelles technologies, les parents doivent enseigner aux enfants les moyens "d'être au monde" et partager avec la prochaine génération d'adultes leurs propres meilleures pratiques pour être de "bonnes personnes", pour vivre une vie épanouie, pour interagir avec le monde qui les entoure. "Il semble donc important d'avoir des actions cohérentes avec nos positions. Etre parent, après tout, est la façon la plus directe d'avoir un impact sur l'humanité et l'avenir du monde."


Les ados, la techno et les relations amicales

Les jeux vidéo, les médias sociaux et les téléphones mobiles jouent un rôle essentiel dans la façon dont les adolescents se rencontrent et interagissent avec leurs amis. 57% des adolescents américains ont même fait de nouvelles connaissances en ligne. Probablement en jouant à un jeu vidéo puisqu'ils sont 72% à s'y adonner régulièrement. L'occasion de tisser des relations durables à partir d'expériences collectives. Retrouvez tous les résultats de l'étude du Pew Research Institute à ce sujet.


Facebook mène à une radicalisation des idéologies minoritaires

Hossein Derakhshan, blogueur iranien, a passé six ans en prison. Il raconte qu'en sortant, il a trouvé que l'Internet ouvert et interconnecté était en train de disparaître : les blogs s'effaçent au profit des réseaux sociaux, les liens hypertextes qui tissaient la structure des réseaux sont remplacés par des likes, les textes par des images, les initiatives locales peinent à exister et des bulles communautaires se radicalisent : "Nous tolérons de moins en moins d’être exposés à des idées qui ne sont pas les nôtres, et c’est le meilleur terreau du terrorisme ou de l’extrémisme. Puisque chacun évolue dans sa bulle, persuadé d’être dans le vrai, l’illusion du consensus est généralisée, et des idéologies radicales prennent plus d’importance qu’elles ne le devraient.".
En juillet dernier, il a lancé un appel pour sauver le réseau des griffes de la Silicon Valley.


Les musées envahis par les aveugles photographes

Pourquoi perdre du temps à regarder une oeuvre dans un musée, alors qu'on peut la "capturer" avec son appareil photo et l'emporter chez soi ? Le journaliste Eric Dupin nous fait part de sa stupeur devant les hordes de "photographes" qui envahissent les musées, en passant le plus souvent à côté d'une observation réelle des oeuvres. Un phénomène largement amplifié par la charte "Tous Photographes" de la ministre de la Culture Fleur Pellerin en mars 2015.


Nicolas Oppenot