Revue du Net #15

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5 faits marquants repérés cette semaine du 31 août
 

"La connexion permanente est essentielle chez les migrants"

Que ce soit dans la préparation de son départ, pendant son voyage ou à destination, les usages des réseaux sont nombreux pour le migrant. C'était l'objet de notre dossier sur le "Migrant Connecté", sous la direction de Dana Diminescu de laFondation Maison des Sciences de l’Homme
En juillet dernier, interviewée par Claire Richard pour Rue89, Dana Diminescu revenait sur l'importance du mobile pour le migrant : "Pour moi, le migrant contemporain est plus proche du navigateur que du déraciné. La figure du déraciné évoque l’image d’une personne qui coupe les liens et n’arrive pas à s’installer. Aujourd’hui, le migrant c’est plutôt quelqu’un qui a plusieurs ancrages, qui est très connecté."
Plus près de l'actualité, Julie Conti, dans cet article pour Le Temps, dresse un panorama des services que les exilés syriens trouvent sur les réseaux. Depuis la recherche d'itinéraires, au repérage des points de contrôle, en passant par l'identification de moyens de transports, le mobile est devenu incontournable et le point wifi gratuit précieux : "Grâce à ces informations, les immigrés ont moins besoin de recourir aux passeurs", précise Basel Shaloub, président de l’association Help Syria. Et à l'arrivée, des services se créent pour organiser l'accueil : en Allemagne, "Refugees Welcome", propose de connecter via un site internet des réfugiés et des demandeurs d'asile avec des personnes prêtes à les héberger.


Pour réussir, il faut boiter et penser de travers

Le philosophe Michel Serres, 84 ans, signe son soixantième livre, «Le gaucher boiteux», où il prône la recherche de chemins de traverses pour enrichir les découvertes : "Si vous interrogez les découvreurs sur la manière dont ils ont procédé, la plupart du temps ils ont découvert ce qu’ils ne cherchaient pas. La recherche scientifique, aujourd’hui, est très orientée. Ce n’est pas ainsi qu’on invente. La véritable découverte est imprévue." Dans cette interview, il évoque, entre autres, ses confrères "ronchons", l'émotion de la France qui dit "je" suis Charlie, et la révolution numérique.


Fliquer son enfant ne lui rend pas service

Il est possible aujourd'hui de mettre en place tout un arsenal d'outils pour permettre aux parents de pister leurs enfants sur les réseaux. Si cette mesure peut éventuellement rassurer les géniteurs, d'après le Commissariat à la protection de la vie privée canadien, elle envoie surtout un message fort à l'enfant qui est perçu comme une absence de confiance et un bouleversement de sa notion de vie privée. "Je peux comprendre que les parents puissent vouloir savoir si leur enfant à un problème, mais je ne pense pas que cela aide un enfant de pouvoir toujours se tourner vers ses parents quand il est en difficulté. En tant que parents, nous devons d’abord chercher à ce que nos enfants développent des compétences pour résoudre des problèmes et gérer leur stress", affirme la psychologue Lisa Damour dans cetarticle de Fabien Soyez. Quant à Serge Tisseron, il estime que "les outils de surveillance donnent une perception très négative de la société numérique qui est pensée pour l'échange et l'interaction et non pas pour la surveillance, ce qui encourage l'enfant à entrer dans une vision paranoïaque."


Evgeny Morozov : “la Silicon Valley est devenue un projet politique”

Evgeny Morozov questionne, dans cette interview, la gouvernance de l'information à l'échelle mondiale et la responsabilité des pouvoirs publics face à l'accumulation de données personnelles par des sociétés privées, et notamment les géants de la Silicon Valley : "Ces informations doivent être accessibles gratuitement, sans coût social. Google ne devrait pouvoir vendre que des fonctionnalités avancées, dont nous n’avons pas tous besoin. Les entreprises ne doivent pas posséder les données, de la même façon qu’elles ne peuvent pas posséder l’air que nous respirons."


L'économie on-demand crée plus de valeur qu'elle n'en détruit

Le cabinet Deloitte France a consacré une récente étude à l'économie on-demand qui prévoit un fort développement dans les années à venir : "L’ubérisation de l’économie, c’est-à-dire le développement rapide et exponentiel de l’économie on-demand, est le 'New DIL' du 21ème siècle : Disruption, Innovation, Leadershipprécise Jean-Marc Liduena, en charge de l'étude. Et les règles de la compétition changent : ce ne sont pas les plus gros qui remporteront la course, mais les plus rapides !


Nicolas Oppenot

 

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